Introduction-Ecriture (5)

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       Je me suis appliqué à étudier ces langues naturellement, non pas toutes à la  fois, mais une par une, en y consacrant un certain temps, des mois ou des années, pour chaque langue, jusqu'à ce que je sois parvenu à ce nombre de vingt langues. Parmi ces langues figurent ma langue maternelle, le berbère, et principalement l'arabe, que j'ai commencé à étudier, presque comme une langue étrangère, seulement à l'âge de plus ou moins 17 ans, bien que j'aie appris le Coran par cœur, mais sans y comprendre un seul mot. Il y a plusieurs autres langues que je n’ai pas étudiées mais sur lesquelles j’ai appris beaucoup de choses grâce à mes élèves.

       Souvent mes élèves me demandaient désespérément :
- Est-ce que nous allons apprendre vraiment cette langue, un jour ?
Avec un grand enthousiasme, je répondais :
- Oui, vous allez l'apprendre, c'est certain.
- Comment pourriez-vous le confirmer.
- Puisque moi-même je l'ai apprise, vous y parviendrez, vous aussi (en leur     expliquant les raisons de mes propos).

       Je les ai peut-être étonnés, mais je ne suis pas sûr que je les aie convaincus.

       Quand j'ai entrepris l'étude de toutes ces langues, mon objectif pour certaines d'entre elles était de les maîtriser pour pouvoir les parler, les écrire et les lire; d'autres uniquement pour connaître leur système d'écriture, leur structure, leur morphologie, les premiers éléments de grammaire, leurs origines historiques, etc. Ainsi, lorsque je parle avec certaines personnes de mes deux dictionnaires multilingues, chacun contenant huit langues vivantes (le premier a été publié en 1991, et l'autre non-publié), ils me demandent, « Est-ce que vous parlez toutes ce langues ? » Ma réponse est non.

       De même que quand j’ai signalé que mon dictionnaire consiste en mots de tous les jours, on m’a aussi demandé : « Donnez-nous un exemple. » J’ai répondu que cela dépend pour qui. Par exemple, le mot neige qui a douze différentes couleurs est un mot de tous les jours pour les Eskimos. Par contre, pour un Targui (pl. Touareg), le mot chameau, qui a mille noms, est le mot de tous les jours. Pour un Coréen, le mot de tous les jours est le riz qui a quatre différents noms.6

       Ce qui est encore très intéressant est le symbolisme en chinois qui utilise non pas un alphabet, mais des idéogrammes qui ont été adoptés par le japonais, mais avec une différente prononciation. Ils étaient à l’origine des images, avant de subir plusieurs modifications pour les simplifier. Par exemple (a) l’idéogramme pour désigner l’ami, l’amitié représente la main droite de deux amis, agissant dans la même direction7 ; (b) l’idéogramme pour désigner la paix, le bon ordre représente des femmes enveloppées dans une maison.8

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