Introduction-Ecriture (6)

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       Connaître une langue c'est connaître la mentalité, la façon de penser, de s’exprimer, les coutumes, et le mode de vie de celui ou de celle qui la parle. On n'arrive jamais à bien connaître et comprendre un peuple sans connaître sa langue, même d'une façon rudimentaire, même si l’on vit au sein de ce peuple pendant toute sa vie. Par contre, si l'on apprend sa langue, on arrive à bien le connaître et le comprendre, d’où l’aimer, sans forcément vivre en son sein. En étudiant sa langue, sa culture, l’on s’identifie à lui et l’on devient une partie intégrante de son patrimoine. Tous les préjudices, les idées préconçues, les blâmes, les reproches le concernant disparaissent. Souvent les Français, lorsqu’un Arabe les tutoie, ou utilise la première personne en premier, en disant moi et toi au lieu de toi et moi ou vous et moi, pensent qu’il manque de politesse. Quand ils apprennent sa langue, ils comprennent qu’il est simplement au début de ses études de la langue française, mais pas encore familier avec la culture, et que le vouvoiement proprement dit n’existe pas en arabe, et que c’est courant de commencer par la première personne.*

       Ces mêmes Français, si eux aussi sont au début de leurs études de langue, par exemple, du coréen ou du japonais, choqueraient leurs interlocuteurs qui ne savent rien de leur culture, en s’adressant à eux sans tenir compte de qui parle à qui. Car «comme dans de nombreuses langues du monde, surtout en Extrême-Orient, une même phrase peut être dite très différemment selon les rapports sociaux des interlocuteurs. »9

       Il est possible de connaître à fond un peuple quelconque en apprenant sa langue, non seulement un peuple existant, mais un peuple qui a existé il y a des milliers d’années, mais qui a totalement disparu, comme les anciens Egyptiens.

       Nous prenons comme exemple les égyptologues qui ont étudié les hiéroglyphes. A travers la langue qu'ils ont étudiée d'une manière approfondie, ils ont tout appris sur les coutumes et le style de vie des Egyptiens de l’Antiquité. Ils savent probablement beaucoup plus sur eux que sur leurs contemporains, les Egyptiens d'aujourd'hui, qu’ils côtoient constamment lors de leurs recherches en Egypte, s'ils ne possèdent aucune connaissance de la langue arabe ni de la langue copte. La connaissance du copte aiderait peut-être aussi à mieux comprendre les chrétiens coptes qui « ne parle plus qu'arabe, mais […] utilisent encore le copte, descendant de l’égyptien antique, comme langue d'Eglise. »10

*Le pronom personnel ‘vous’  existe certes en arabe. Il y a même trois sortes de vous:  (a) vous deux messieurs ou vous deux dames, ou vous deux, Monsieur et Madame; (b) vous trois messieurs, ou plus; (c) vous trois dames, ou plus. C’est la raision pour laquelle, il est conseillé à un francophone, s’il souhaite inviter un ami ou un collègue arabe, de lui dire: je t’invite, ou je vous invite, en précisant bien, vous et votre épouse, s’il veut inviter le couple. S’il lui dit je vous invite, en le vouvoyant par politesse, il risquera d’avoir la famille toute entière.

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