Preface (2)

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PREFACE (2)

              Toutes ces grammaires que je me suis appliqué à étudier m’étaient certes d’une grande utilité. Cependant, j’ai rencontré beaucoup de difficultés à les appliquer dans mes cours, car j’ai trouvé qu’elles étaient destinées, en réalité, aux enseignants, aux érudits, en quelque sorte, et non pas, en général, aux étudiants, aux personnes de culture moyenne. Il était donc nécessaire de réadapter cette méthodologie pour répondre à mes propres besoins d’enseignement. Ainsi, j’ai jugé utile et urgent de publier une nouvelle grammaire arabe. J’ai entrepris cette tâche, non seulement en tant qu’enseignant de la langue arabe, mais en tant qu’étudiant de plusieurs autres langues, tout en continuant à approfondir mes connaissances de la langue arabe. Ceci m’a permis de faire des comparaisons entre ces langues d’une part et la langue arabe de l’autre. Toutefois, il est certain que je n’ajoute rien de nouveau à cette grammaire. Tout ce que j’ai à offrir est une présentation et une approche nouvelles, afin de la rendre plus abordable, plus accessible à, et à la portée de, tous. Il s’agit d’une grammaire faite pour les élèves et, en quelque sorte, par les élèves, car, en raison de toutes les questions qu’ils ont soulevées, il fallait trouver d’une manière ou d’une autre des réponses et des explications que je ne trouvais nulle part ailleurs.

          Je voudrais également signaler que les exemples utilisés par les grammairiens anciens et repris par les modernes étaient souvent d’un caractère violent, tels que : Zaid a frappé Amr, etc. Ce n’était certainement pas la faute des grammairiens, mais le caractère éducatif violent de l’époque qui l’exigeait, j’imagine. C’est la raison pour laquelle j’ai tenu absolument à remplacer tous ces exemples par d’autres plus pacifiques, plus joviaux et plus pratiques.

          Les méthodes modernes d’enseignement, qui peuvent être plus pratiques, ne sont certainement pas efficaces.  Ceci est révélé par le bas niveau de connaissances de la langue arabe en général, et de la grammaire arabe en particulier, dans le Monde arabe.  Le Monde arabe aujourd’hui déplore un taux élevé d’analphabétisme parmi sa population croissante.  Un autre problème, dont personne ne se rend compte apparemment, car je n’en ai jamais entendu parler, est la pénurie d’enseignants compétents et qualifiés pour enseigner le bon arabe aussi bien aux étudiants arabophones qu’aux étudiants non arabophones.  Connaître bien la langue, telle une personne instruite, n’est pas suffisant.  Etre capable de communiquer son savoir est essentiel.

          Cette nouvelle édition a été révisée et corrigée pour améliorer le chapitre sur l’alphabet arabe.  Elle a également été augmentée d’une cinquantaine de pages en l’enrichissant de huit chapitres supplémentaires, d’un index détaillé ainsi que d’un lexique de terminologie grammaticale, tous les deux en français et en arabe.

(*) Talmon, Rafael.  The first beginnings of Arabic linguistics: the era of the Old Iraqi School.  In: Auroux, S., et al.  History of the Language Sciences.  Vol. 1.  Berlin, New York, Walter de Gruyter, 2000, p. 245-252.

          La première édition de ce manuel a été publiée comme document interne  de l’Office des Nations Unies à Genève sous  le titre Nouvelle approche de la grammaire arabe, en novembre 1988. Elle a été publiée également en anglais sous le titre New Approach to Arabic Grammar, en septembre 1988.

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